Quelques anecdotes, épisode 3 : Agathe

Depuis qu’elle habite en Europe centrale/Balkans (Pologne, Serbie, Bosnie), Agathe ne s’est jamais faite emmerder dans la rue. Le sexisme est loin d’être absent ici, mais Agathe s’est… Lentement habituée, et ne le remarque plus forcément. Alors quand Agathe a lu les articles de Marie-Cu’ et Brenda sur leurs anecdotes genrées elle s’est demandé ce qu’elle pourrait écrire, elle… C’est un petit incident qui s’est déroulé à la fin de ses vacances/refuge climatique de fin mars en Turquie qui l’a mise sur la piste à l’oreille.

Il y a quelques jours donc, dans le train de banlieue d’Izmir, en direction de l’aéroport, un mec tangue un peu et fait semblant de tomber sur Agathe. Ne se poussant pas, elle le repousse et lui parle sèchement. Il se retourne visiblement indigné, et la regarde comme ça : è_é. Agathe le regarde comme ça è___é. Il part. Agathe a envie de pleurer mais quelques minutes après, c’est passé.

Un été, Agathe repart de Bretagne dans un TGV qui va à Paris. Son voisin est un gros breton alcoolique qui picole et parle fort avec un autre gars. Agathe est agacée par leurs commentaires et voit une place libre un peu plus loin. Elle décide de bouger. Le mec ne se pousse pas, pour qu’Agathe ait bien à le coller pour se dégager. Agathe lui dit « pardon. » il dit « vas y, passe ma puce. » Agathe alors s’énerve qu’elle n’est pas sa puce et qu’elle le défend de l’appeler sa puce, bordel. Les gens la regardent et ne disent rien. Le mec, bien qu’alcoolisé, se tait et la laisse passer. Agathe va s’asseoir plus loin, a vraiment envie de pleurer, de lui éclater sa gueule en pâté Hénaff. Mais quelques quarts d’heures après, ça passe. (Un peu plus tard elle entend le gros con appeler une autre nana « ma puce », et son collègue pochtron le reprendre en lui disant « a non il ne faut pas les appeler ma puce c’est pas bien tu as vu ». Ça de gagné…)

Nouvel an 2016… Je crois. Agathe l’a fêté à Paris. Elle rentre en RER chez sa mamie, toute seule avec quelques coups dans le bec. Il doit être pas loin de 4h du matin. A un arrêt, elle sent quelque chose dans ses cheveux. Ensommeillée elle lève la tête et voit un groupe de mecs qui vient de rentrer, l’un la regarde et s’excuse apparemment de lui avoir touché les cheveux. Le groupe de mecs se déplace, et l’un d’entre eux fait un bisou sur le front d’une nana seule entrain de comater sur un autre siège. Agathe se lève et ne sait plus bien ce qu’elle dit, mais elle leur hurle dessus. Le mec la regarde, le groupe va plus loin dans le wagon, et sort quelques arrêts après. Agathe a envie de pleurer, et elle pleure d’ailleurs.

Il y en a eu d’autres avant ça, des situations ou petite Agathe française n’a pas osé réagir. Agathe est bien élevée et ne parle pas mal aux gens, et sait qu’on ne soigne pas le mal par le mal, que la violence ne résout rien, que honni soit qui mal y pense, et tout et tout and sho on and sho on.

Mais fuck it ! Agathe a vécu suffisamment assez longtemps chez les slaves pour avoir appris à gueuler telle une bonne grosse oie. « Comporte toi comme ferait une poule des Balkans dont on serait entrain d’emmerder le poussin » se dit-elle parfois. Et ça ne serait pas doux, pas charmant, pas féminin, pas timide et pas gentil croyez moi. Inspirée par ses cousines locales, au lieu de baisser les yeux et chercher la conciliation, quand lui échauffe les plumes Agathe désormais gueule et flappe flappe des ailes bien fort. (En plus en ce moment Agathe lit Nietzsches et si y’a un seul truc qu’elle a compris dans ce pavé verbeux c’est que la gentillesse comme étant quelque chose de moralement « bon » est l’apanage des faibles. Révolution!!)

Des Balkans, elle aura essayé de prendre ce qui était positif. Pas les rôles traditionnels dans les couples, pas le sexisme criant de l’organisation sociale locale. Mais le fort caractère des femmes et la capacité à répondre et péter une table plutôt que baisser les yeux. Le fait de ne pas se laisser piétiner sans rien dire, le ton assertif et une gestuelle qui prétend à une certaine confiance en soi. Finalement on se fait violenter, merde, alors qu’on ne vienne pas nous accuser de redistribuer quelques baffes bien méritées.

Bisous (et vous pouvez tendre l’autre joue)

Agathe, flap flap

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