Petit traité non exhaustif de la migration

On le sait, mais ça va mieux en le disant

 

Chez nous les oies, la migration ça nous connaît. On vole, on va, en V, en W, parfois même en BMW. (Mais ça c’est rare)

Coin BMW

Fig1. Brenda et ses potes en BMW

Alors bon, on est un peu étonnées, nous les oies, quand on voit tout le pataquès à propos de migrants pas bienvenus. Il paraît que c’est compliqué, avec l’UE et les autres multiples acronymes, avec les frontières, toussatoussa. Quoi quoi ? Il y aurait des frontières dans le ciel ? Ah oui, parce que tout le monde n’a pas d’ailes… On aimerait bien leur en donner, parce que là c’est pas joli joli. Ca fait des morts dans la mer. Drôles de poissons tout de même.

Mais ne pensez point que la chose n’est que préoccupation actuelle donnant matière inusable aux média : celle-ci date de temps immémoriaux (une matière inusable on vous dit)! Car l’Homme – et l’oie – a toujours migré vers des terres plus favorables. A pieds, en train, à vélo, en bateau. Non, pas en Segway. Ça c’est un touriste.

La preuve en est de cet extrait de l’éminent journal Le Matin datant d’un temps immémorial (1906) (immémorial, on vous dit !):

  Ils sont là, hommes, femmes, enfants, accroupis ou couchés, auprès de lourds paquets de hardes et d’outils, foule docile, troupeau facilement maniable, auquel on dit : « Reste là ; lève-toi ; viens ici », et qui se couche, se lève et obéit, comme abandonné de toute volonté, ayant remis son sort en d’autres mains et n’attendant plus rien de lui-même. Jamais l’émigration n’a été plus formidable, jamais le mouvement qui précipite les masses malheureuses vers une autre patrie n’a été plus inquiétant.

Voyez, l’éternité n’est pas loin dans ces quelques mots. Excepté peut-être un style journalistique  légèrement moins impartial – mais tout à fait sensible –  qu’à présent.

oiso

Fig2. Et puis bon, en 1906, c’était les Ricains

En comparaison, voici un extrait plus récent sur le même sujet (L’Express, 5 mai 2016) :

 La chancelière allemande Angela Merkel a appelé ce jeudi les Européens, dont les principaux dirigeants sont réunis à Rome, à « défendre les frontières externes » européennes afin d’éviter un « retour aux nationalismes ». […] Lors d’une conférence de presse avec le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, la chancelière a insisté sur la nécessité « de respecter la dignité humaine » des migrants et de « partager le fardeau » du flux migratoire car « il n’est pas possible de fermer les frontières » .

Vous remarquerez la place laissé au fait, au vrai et mêmes aux paroles réelles ! Mais là n’est point notre propos et nous laisserons donc la conclusion au journal des temps immémoriaux, dont l’espoir reste après tout d’actualité :

Il est navrant ce spectacle qu’offrent les gares, au départ des émigrants ; il est aussi d’un mauvais exemple, mais il faut espérer que, aux temps futurs, l’harmonie s’étant faite entre toutes les races, le niveau s’étant établi, on ne connaîtra plus les grands fleuves humains qui sillonnent le monde depuis la préhistoire.

 

 

Mais tout de même si Brenda a bien un message à passer en tant qu’oie migratrice, c’est : Laissez-nous migrer!

Brenda, Goose

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